Les abeilles doivent faire face à des parasites et à des prédateurs. Le varroa, le frelon asiatique et le frelon européen n’ont cependant ni la même origine, ni le même comportement ni le même impact sur les ruches.


Varroa destructor est un minuscule acarien brun rougeâtre, aplati, dont la femelle mesure environ 1 à 1,5 mm. Originaire d’Asie, il parasitait initialement l’abeille asiatique Apis cerana. Après être passé sur l’abeille mellifère occidentale Apis mellifera au XXe siècle, il s'est propagé avec les déplacements d'abeilles et le commerce apicole.
Le varroa se nourrit principalement des tissus du corps gras des abeilles adultes et du couvain en développement. Une femelle entre dans une cellule juste avant son operculation et pond plusieurs œufs. Le premier donne généralement un mâle ; les suivants donnent des femelles. Les jeunes acariens s’accouplent dans la cellule fermée. À la naissance de l'abeille, la mère et les filles fécondées peuvent ressortir et infester d'autres abeilles.
Le couvain de faux-bourdons est particulièrement favorable au parasite : sa phase operculée dure plus longtemps, ce qui permet à davantage de jeunes varroas d'atteindre la maturité. Une cellule d'ouvrière infestée produit généralement environ 1 à 2 filles fécondées, contre environ 2 à 3 dans une cellule de mâle ; ce sont des moyennes variables, pas des quantités fixes.
Il affaiblit les abeilles, raccourcit leur vie et transmet notamment des virus pouvant provoquer des ailes déformées. Une infestation importante en fin d'été compromet la naissance d'abeilles d'hiver en bonne santé et donc la survie de la colonie. L'apiculteur doit surveiller le niveau d'infestation et appliquer, lorsque nécessaire, des méthodes de lutte adaptées et autorisées localement.
En Suisse, la lutte contre le varroa suit le concept du Service sanitaire apicole (SSA) : surveiller régulièrement l’infestation, agir au bon moment et employer uniquement des préparations autorisées, selon leur notice officielle. L’objectif est de protéger les abeilles, notamment celles qui passeront l’hiver, tout en préservant la qualité du miel.
Les traitements estivaux à l’acide formique sont généralement effectués après le retrait des hausses destinées au miel. L’acide formique peut agir aussi sur les varroas présents dans le couvain operculé. Exemples de médicaments autorisés : Formivar et Formicpro. Leur utilisation dépend notamment de la température, de la force de la colonie et de la notice du produit.
Certaines préparations au thymol, comme Thymovar et Api Life Var, sont autorisées. Le SSA et le Centre de recherches apicoles les recommandent surtout lorsque l’infestation est faible. Leur efficacité dépend notamment des conditions de température et du respect du protocole.
Le traitement complémentaire d’hiver à l’acide oxalique est particulièrement efficace lorsque la colonie ne possède plus de couvain. Des préparations autorisées comprennent Api-Bioxal, Oxuvar 5,7 % et Varroxal. Le mode d’application autorisé et la fréquence dépendent de la notice ; les applications répétées non conformes sont à éviter.
La liste suisse comprend aussi Bayvarol, à base de fluméthrine, mais le SSA et le Centre de recherches apicoles ne le recommandent pas. Les produits à base d’amitraze ne sont pas autorisés en Suisse contre le varroa. Il ne faut pas employer de mélanges artisanaux ou de médicaments non homologués.
Important : ne pas traiter pendant la miellée avec les médicaments présentés ici ; retirer les hausses destinées à la récolte avant tout traitement, et suivre impérativement la notice officielle du produit exact. En cas de forte infestation, les mesures d’urgence doivent suivre le concept SSA. Les traitements sont à documenter dans le registre des médicaments vétérinaires. Les doses, températures et délais varient selon les produits : cette page n’est pas une notice d’utilisation.